Mexique

URBANISATION

MEXICOHistoire des Villes -Patrimoine

Nombreuses sont les villes qui ont été fondées par les Espagnols. La vieille ville reçoit le nom de ‘Centro Historico’ tandis que les quartiers sont des ‘barrios’ ; les quartiers plus récents portent le nom de ‘colonias’.

Au début du XXe siècle, 90% de la population habitait encore les zones rurales. C’est en 1960 que la proportion zone urbaine – zone rurale s’est inversée. Cela a eu des conséquences certaines sur le mode d’urbanisation au Mexique.

Avec plus de 20 millions d’habitants, la région métropolitaine de la vallée de Mexico est l’une des régions les plus peuplées du monde, avec un noyau économique, politique, religieux, historique et culturel fondamental pour le pays. Les rues et places de ce qui a été il y a plus de 5 siècles la grande Tenochtitlan, ont été témoins des manifestations les plus importantes du peuple mexicain.

Mexico est une véritable mégapole qui subit encore aujourd’hui un phénomène d’étalement urbain.

Habitat Urbain

Habitat Rural

ASPECTS LEGAUX

Droit au Logement

Depuis 1983 – Article 4 de la Constitution :

Chaque famille a droit à un logement décent et convenable. La loi établira les instruments et les soutiens nécessaires afin d’atteindre cet objectif.

Source : CETIM (publication COHRE)

A consulter : ”El Derecho a la Vivienda en México. Balance de la Instrumentación de las Recomendaciones del Relator de la ONU sobre el Derecho a una Vivienda Adecuada. 2000-2008”, A télécharger dans les publications d’HIC

Photo DPH Info

Photo DPH Info

Il est intéressant de souligner que le Mexique est le premier pays qui, en 1917, a inscrit dans sa Constitution art. 23 la notion de fonction sociale de la propriété. Il semble cependant qu’au fil des années, les volontés initiales se sont affaiblies et que cet article ne permette pas de faire concrètement avancer le droit au logement dans le pays.

Expulsions Forcées

Droit Foncier

Accaparement de Terres

Groupes Vulnérables

  • Jeunes
  • Personnes âgées
  • Femmes

Pratiques Intéressantes

  • LES COOPERATIVES DE LOGEMENTS

La première coopérative de logements, la plus fameuse est celle située dans la ville de Mexico et appelée Coopérative de Palo Alto. Des travailleurs sont venus s’installer à proximité de l’exploitation de mines et se sont installés dans des logements de fortune. Lors de la fermeture de ces mines (années ’70), on décide de vendre ce terrain très bien situé à des promoteurs immobiliers pour y installer une zone résidentielle de luxe. Les anciens travailleurs s’opposent à cette expulsion et font valoir leur occupation du terrain depuis plus de 30 ans. En 1972, ils obtiennent le droit de rester sur ce territoire et commencent à y construire leurs logements. On peut souligner le rôle parfois paradoxal des promoteurs immobiliers qui ont aidé les habitants à conserver leur terre, espérant à terme un éclatement interne de l’organisation. Cette organisation, crée très rapidement s’appelle COPEVI : elle fédère et structure les actions des habitants. Cette expérience, toujours en cours, se caractérise par plusieurs innovations : il s’agit de la première coopérative de logements enregistrée par le district fédéral de Mexico – elle fut la première à être basée sur la propriété collective – une organisation (FONVICOOP) recueille les dons et les fonds car les habitants ne peuvent pas recevoir directement de financement, hormi des matériaux de construction. Source : étude de cas du réseau HIC

Une Loi sur les coopératives de logement a été promulguée par un des Présidents mexicains, loi qui doit favoriser la mise en place de coopératives pour les habitants. Cependant, deux facteurs importants empêchent concrètement le développement de coopératives d’habitants :

  • Seules les coopératives de consommation ont été légalisées, alors que les mouvements sociaux souhaitaient que les coopératives de production puissent l’être également, ceci afin de promouvoir la production ‘sociale’ de l’habitat. Cadre conceptuel et publications du réseau HIC
  • Les délais de mise en place sont extrêmement long. Certains mouvements populaires continuent à estimer que malgré ces lenteurs, les coopératives restent le meilleure moyen de faire du logement, tandis que d’autres estiment qu’il ne faut pas continuer dans le ‘coopérativisme’.

Selon le Professeur Yves Cabannes, il existe deux types de coopératives : les coopératives d’aide mutuelle (de construction) pour les populations pauvres et les coopératives d’épargne préalable pour ceux qui sont un peu plus aisés. Dans tous les cas, la solution des coopératives ne touche pas les populations les plus pauvres du pays.

Source : Video de l’AIH à l’assemblée mondiale des habitants 2011

  • CHARTE POUR LE DROIT A LA VILLE (Mexico Ciudad)

A l’heure actuelle, à Mexico, il existe un élan vers une réforme politique et un changement de statut juridique de la ville, permettant de nouveaux progrès afin de défendre les droits des habitants et renforcer le gouvernement local et les délégations en tant qu’entités autonomes. Il s’agit in fine d’accroître les capacités de coordination métropolitaine. A Mexico, il existe une Charte de la Ville de Mexico pour le droit à la ville, intéressante tant au niveau de son processus d’élaboration que dans son contenu. Son processus d’élaboration s’est tenu entre 2007 et 2010, dans un large débat citoyen.

Cet instrument veut s’attaquer aux causes profondes et aux manifestations de l’exclusion : économique, sociale, territoriale, culturelle, politique et psychologique. Elle est conçue comme une réponse sociale, contre-point de la ville marchandise et expression de l’intérêt collectif. Il s’agit sans doute d’une approche complexe qui exige d’articuler les questions des droits humains dans leur conception intégrale (droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux) à celle de la démocratie dans ses différentes dimensions (représentative, distributive et participative).

Au-delà des rêves et principes fondateurs, cette Charte a le mérite de proposer concrètement des mesures de politique publique et des engagements qui doivent être assumés par les acteurs de la société. En voici un petit échantillon pertinent :

  • Inhiber la spéculation immobilière et adopter des normes urbaines pour une distribution plus juste des charges et bénéfices générés par le processus d’urbanisation, en captant les rentes extraordinaires (plus-values) générées par les investissements publics, en faveur des programmes sociaux qui garantissent le droit à la terre et au logement et stimulent la production sociale de l’habitat;
  • Reconnaître le rôle de l’économie “informelle” dans la lutte contre l’exclusion sociale, avec l’octroi d’un statut juridique et fiscal qui tienne compte des intérêts légitimes de ceux qui la pratiquent et afin d’éviter leur exploitation par des tiers;
  • Former et soutenir avec des fonds publics et des incitants fiscaux les sociétés coopératives et autres entreprises sociales qui promeuvent l’économie populaire et solidaire;
  • Préserver les zones rurales productives, les zones de conservation et les zones boisées, en renforçant la capacité productive et économiques des communautés et en freinant la spéculation axée sur le changement d’affectation des terres;
  • etc.

Fiche d’information : Citego – Pour en savoir plus, contactez : Lorena Zarate

  • UN PROJET COMMUNAUTAIRE D’AMELIORATION URBAINE : Des groupes d’habitants des quartiers défavorisés de la Ville de Mexico sont invités à proposer des projets d’aménagement de proximité. A l’issue d’un processus de sélection, le gouvernement local confie aux habitants organisés le financement, la réalisation et la gestion des projets. ce programme contribue fortement à la consolidation de nouveaux espaces participatifs, d’où surgissent de nouveaux groupes communautaires renforçant l’organisation au sein du quartier. Ce projet s’inscrit dans une logique de Production Sociale de l’Habitat. Pour en savoir plus, consultez le site Internet suivant : http://www.cms.sds.cdmx.gob.mx/ et/ou la brochure réalisée sur le sujet par Urbamonde : urbamonde.org
  • BUDGET PARTICIPATIF : Après des tentatives limitées à Mexico, le BP d’Itztapalapa est devenu, en 2010, lorsque le processus a commencé, la première expérience à grande échelle dans l’un des arrondissements les plus peuplés du district fédéral (2 millions de personnes). Un aspect novateur de l’expérience est les liens établis avec .plans de développement local: le BP est devenu un outil de gestion à mettre en œuvre. L’expérience a été le tremplin pour la loi sur les citoyens de participation qui PB intégrée à travers tous les arrondissements du district fédéral. Pour en savoir plus sur le concept de budget participatif ou sur le rapport établi par le professeur Y. Cabannes sur ce (IIED 2014): http://pubs.iied.org/pdfs/10713IIED.pdf

ASPECTS SOCIAUX ET ECONOMIQUES

Marché du Logement

Au cours des dernières années, la politique officielle en faveur de la construction de nouvelles unités, indépendamment de l’emplacement, l’accès aux services de base et la qualité. À ce jour, il y a environ cinq millions de logements vacants est reconnu. D’autres actions du gouvernement fédéral ont porté sur le remplacement de planchers en terre battue à travers le programme “entreprise Piso” sans améliorer sensiblement les conditions de vie des familles. C’est en contradiction avec les chiffres officiels reconnaissent que le déficit de logements est de 8,9 millions de foyers et 57% du déficit est dans le segment des travailleurs gagnant moins de quatre fois le salaire minimum. (1)

Qualité des Logements

L’amélioration des logements peut se réaliser, avec l’aide d’associations de terrain, en promouvant la production sociale de l’habitat.

Video UCISV VER

Habitat Informel / Bidonville / Sans-abri

ROLE DES POUVOIRS PUBLICS

Logement Social

Suivant l’initiative chilienne, le Mexique s’est lancé dans une politique de production de logements sociaux publics dès les années 2000. Mais après plus d’une décennie de production massive (sept millions de très petits logements individuels construits dans des ensembles comptant souvent plus de 10.000 unités) connaît à son tour de grandes difficultés et se voit contraint de lancer lui-aussi une importante réflexion sur le devenir de cet immense parc de logement, qui, bien que récent, est déjà très détérioré et s’avère surtout être victime d’un abandon croissant de la part de ses habitants. Source : LPED, 2013

Dans le but de générer un outil d’évaluation globale du logement, le Centro Mario Molina a été à l’origine en 2012 de l’élaboration de l‘Indice de Durabilité du Logement et de son environnement direct (IDL). Ces indicateurs sont pondérés en fonction de facteurs qui prennent en compte les conditions phy- siques et socio-économiques d’insertion du logement dans son contexte. l’évaluation de l’indice montre que le logement social a une durabilité allant de moyenne à basse et atteignant 41 à 48 points sur une échelle de zéro à cent. Il a été pris en compte dans les politiques publiques en matière de logement au Mexique :

  • Modification des règles de fonctionnement de la subvention “Ceci est votre maison” (Esta es tu Casa) qui a fini par intégrer la localisation du logement.
  • Un “Programme de garanties des logements durables”, qui prend en compte les obstacles financiers à la construction de logements verticaux ou répondant à des caractéristiques de durabilité supérieures à la moyenne.
  • Une analyse de risque est en cours pour intégrer au sein du prêt hypothécaire vert (Hipoteca Verde) la baisse des coûts transports induits par une meilleure localisation du logement.

Source : Revue Ville en développement N°95 – juillet 2013, “L’indice de durabilité (IDL), un outil du logement social au Mexique” de Guillermo Velasco Rodriguez. Télécharger la revue – (FR/ENG/ESP)

ASPECTS ECOLOGIQUES

Les grandes villes mexicaines ont de gros problèmes de pollution atmosphérique. On estime à 40.000 le nombre de décès annuels dus à cette pollution. Le gouvernement a d’ailleurs mis en place un système de surveillance appelé SIMAT. Cette pollution est bien entendu lié à la circulation automobile intense, provocant des gaz à effet de serre à hauteur de 80% de la totalité de ces gaz produits par le Mexique.

La gestion des déchets – et en particulier des déchets urbains – est particulièrement problématique au Mexique. La gestion de l’eau est aussi un souci important.

Bibliographie & Sitographie

  1. Alianza Internacional de Habitantes, « Políticas alternativas de vivienda en América latina y el Caribe », 2013 coord Paul Maquet Makedonski, pp 82-89.
  2. CADTM – Comité pour l’annulation de la Dette du Tiers Monde, “La crise de la dette mexicaine et la banque mondiale”, article d’Eric Toussaint.

MOUVEMENTS SOCIAUX

Problèmes majeurs

Les associations de militants au Mexique sont nombreuses. Cristina Rodriguez témoigne de sa vie comme femme militante du processus de capacitation auquel elle participe (vidéo réalisée par l’Université Populaire Urbaine) :

Vidéo : témoignage d’une militante

Cristina Almazan from smrz on Vimeo.

  • Une croissance démesurée des principaux centres urbains, entrainant une augmentation des coûts d’urbanisation et des résultats graves en matière de politiques publiques;
  • Une ségrégation spatiale importante et un indice élevé d’injustices en matière d’accès aux biens et services urbains;
  • Une forte détérioration des centres qui deviennent de plus en plus vétustes;
  • Problèmes de mobilité : une incapacité de la part des réseaux et services urbains à faire face aux demandes toujours plus fortes de déplacements vers les centres urbains;
  • Un manque d’espace vert et de loisir;
  • Un manque d’infrastructures et de services, notamment concernant la santé et l’éducation;
  • Un déficit de logements sociaux et peu d’espaces de rencontres informelles entre voisins;
  • Un contexte général difficile : des détériorations environnementales – des violences intra-familiales – des maladies chroniques – un manque d’emplois

Recommandations ou Propositions

Liste non exhaustive de mouvements sociaux actifs

  • UCISV VER = une association qui travaille depuis 1984 dans les domaines du droit au logement, avec une attention particulière à la question du rôle des femmes et à la formation des membres. Le projet vise à améliorer l’habitat, les conditions de vie urbaines et le niveau de vie des populations vivant dans les 80 sites irréguliers dans la périphérie de Xalapa à Veracruz où les conditions d’habitation sont mauvaises et la zone ne disposent pas de services urbains. http://www.cenvi.org.mx
  • COPEVI = est une organisation non gouvernementale qui soutient les projets de logement à faible revenu et était responsable de l’assistance technique au cours de plusieurs des phases du projet, y compris la zone de la terre à être négociés, la construction des maisons provisoires, défrichement et la préparation de la terre pour la construction, les plans d’urbanisme et d’architecture pour le projet, la conception des éléments de construction et des processus, l’organisation du processus d’auto-construction, la supervision des constructeurs payés et, enfin, les mécanismes financiers qui intègrent les paiements communautaires avec les autres. http://www.copevi.org/
  • UNIÓN DE COOPERATIVAS TOSEPAN : première coopérative mexicaine indigène qui s’est constituée en 1977, avec des objectifs de logement, mais aussi de travail, d’accès à une nourriture saine, de soutien au développement des individus et des collectivités, de maintien de la culture indigène. http://www.uniontosepan.org/info@tosepan.com

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