Brésil

URBANISATION

CARTE BRESILHistoire des Villes – Patrimoine

La grande majorité de la population brésilienne vit en zone urbaine. Le flux migratoire vers les villes continue a être très important. Pour comprendre l’histoire des villes, il faut donc s’attarder à celle de la propriété foncière. La lutte pour la terre a précédé celle pour le droit au logement, mais toutes deux sont intimement liées.

Sources principales : Article « Le nouveau statut de la cité brésilienne » et Article « Programme de réhabilitation des favelas : les Zones d’Intérêt Social Spécial »

Le Brésil est l’un des pays au monde qui s’est le plus rapidement urbanisé. Au début du vingtième siècle, à peine 9,4% de la population brésilienne habitait dans des villes. En 1950, cette proportion était de 36%. Aujourd’hui, ce pourcentage a grimpé à plus de 82%.

Historiquement, les villes brésiliennes ont été construites de manière désorganisée, sans aucune planification ni infrastructure. L’augmentation de la population urbaine a créé des quartiers périphériques. Les problèmes urbains actuels sont intrinsèquement liés au manque de planification et à l’inefficacité des politiques publiques.

Dans les grandes villes, le déséquilibre existant entre la croissance démographique et la croissance économique génère la prolifération d’habitats précaires, sous forme de logements improvisés ou vétustes sans services urbains même élémentaires. Le coût foncier est très élevé au centre des villes; ce coût diminue vers la périphérie, où l’occupation extensive remplace l’occupation intensive. Par contre, le coût financier de l’implantation de réseaux de services urbains s’avère très élevé en périphérie, ce qui contraint l’État à investir dans les zones de la ville déjà bien desservies, pour améliorer et maintenir les services existants, ce qui a pour effet le renforcement de la ségrégation et de la spoliation urbaines.

L’unique alternative pour les groupes les plus défavorisés est l’occupation illégale de terres, appelée couramment «lotissements clandestins, occupations et/ou favelas». Ces établissements se situent, le plus souvent, sur des terrains à risques : versants de collines, zones inondables tels que les mangroves.

Depuis les années 1970, un grand nombre d’interventions sur les centres urbains a été entrepris par les autorités publiques et les investisseurs privés. La plupart des actions, cherchant à promouvoir la revalorisation immobilière, a conduit à l’expulsion des populations démunies. Source : CITEGO, Article « Maintenir l’habitat social dans le centre des villes brésiliennes »)

A partir des années 80, émerge l’idée que ces établissements irréguliers doivent être améliorés « sur place » et non plus expulsés ou démolis. Un nouvel instrument d’urbanisme apparaît, fruit des luttes des mouvements sociaux pour l’amélioration des conditions de vie et la régularisation foncière : les Zones d’intérêt social spécial (ZEIS ou AEIS). Les ZEIS reconnaissent aux habitants des bidonvilles la possibilité de construire, reconstruire ou améliorer dans la légalité, mais aussi et surtout elles font valoir le droit à la ville de ces citoyens-habitants.

DES CONFLITS MINIERS

De nombreux conflits actuels sont dus à des phénomènes de résistance face à l’industrie minière et aux monocultures. C’est ce que révèle l’Observatoire des Conflits Miniers. En 2013, de nombreuses villes brésiliennes ont explosé, avec des mobilisations intenses autour des revendications suivantes : baisse des prix du transport – droit à la ville – démocratisation de la vie urbaine – lutte contre la spéculation et les méga chantiers. (4)

Conam Sao Paulo

Un exemple d’art urbain

La Favela de Santa Marta au cœur de Rio de Janeiro

Habitat Urbain

Habitat Rural

ASPECTS LEGAUX

Droit au Logement


FSMBrazil par avenir_vivable

Le droit au logement est garanti par la Constitution brésilienne depuis 1988

  • Article 11 :La maison est asile inviolable de l’individu, on ne peut y entrer sans le consentement de l’occupant, sauf en cas de flagrant délit ou de catastrophe, ou à fournir des secours, ou, pendant la journée, à une décision judiciaire.
  • Article 22 : Le droit à la propriété est garanti ; la propriété privée exercera sa fonction sociale, la loi établit la procédure d’expropriation pour utilité publique ou d’utilité sociale par une juste et préalable indemnité en espèces, sauf dans les cas prévus par la présente Constitution.
  • Article 23 : En cas de danger imminent pour le public , l’autorité compétente peut utiliser le propriétaire du bien particulier assurer une indemnisation ultérieure, s’il y a des dommages.
  • Article 24 : Tel que défini par le petit droit de la propriété rurale, le lieu où travaille la famille ne peut pas faire l’objet d’une saisie pour le paiement des dettes découlant de leur activité productive, leur donnant les moyens de financer leur développement.

La Constitution du Brésil fait partie des meilleurs exemples en matière de reconnaissance du droit au logement. Les articles 82 et 83 de la Constitution traitent de la politique urbaine au Brésil et garantissent que la propriété du sol urbain doit remplir sa fonction sociale.

Grâce à l’arrivée au pouvoir de Lula en 2003, le ministère des Villes a été créé. C’était une revendication historique des mouvements populaires de lutte pour le droit à l’habitat. Aujourd’hui, la CONAM bénéficie d’une grande représentativité au Conseil National des Villes tout comme d’autres mouvements sociaux.

Expulsions Forcées

Video du CONAM sur la situation des expulsions au Brésil : http://www.youtube.com/watch?v=1B1xVkGiF-0

Le Brésil est un pays relativement développé, aux revenus moyens mais il présente un des niveaux d’inégalité les plus élévés au monde.

L’organisation des Jeux Olympiques en 2016 à Rio et celle de la Coupe du Monde Football dans d’autres villes servent d’alibi pour accélérer les explusions. Des milliers d’habitants de favelas de Rio de Janeiro et d’autres villes ont été victimes d’expulsions afin que «les pauvres s’éloignent chaque fois plus des quartiers riches», selon termes de l’avocat Roberto Benedito Barbosa, activiste de l’Union de Mouvements de Loyer de São Paulo (UMM). L’affaire est déjà une raison de préoccupation à l’ONU. Selon la fonctionnaire de l’ONU Raquel Rolnik, les expulsions sont produites sans respecter minimalement les lois nationales et internationales. Dans la plupart des cas, il n’y a pas un dialogue avec les communautés et les compensations reçues par les habitants sont très inférieures à ce qui est nécessaire. Source : Article « Brésil : expulsion dans les favelas à cause de la Coupe du monde de football et des J.O. »

Droit Foncier

HISTOIRE DE LA PROPRIETE FONCIERE

Les problèmes liés à l’accès à la propriété foncière au Brésil trouvent leurs racines dans la période coloniale, dont on retrouve encore aujourd’hui des traces, qui se conjuguent avec le développement des formes les plus modernes de l’économie internationale. Ils ne concernent pas seulement les paysans, mais aussi les communautés d’anciens esclaves, les populations et les réserves indigènes, ou encore des populations traditionnelles.

L’indépendance du pays, promulguée en 1822, n’a pas changé la structure foncière, ni les bases de ce modèle de production. Contrairement à la plupart des pays d’Amérique latine qui ont acquis leur indépendance à la même époque et ont institué un régime républicain, le Brésil a conservé la monarchie, la propriété de la terre par la couronne, désormais brésilienne, et une production centrée sur l’esclavage.

L’année 1850 est marquée par l’adoption de la Lei de Terras N°601, première loi relative à la propriété privée de la terre au Brésil. Cette loi précise que toutes les terres qui ne sont pas utilisées pour l’exploitation agricole et qui n’appartiennent pas à des domaines particuliers sont dévolues à l’Etat. Ces terres représentaient une surface énorme à l’époque, pour une grande partie inexploitées. Mais cette loi empêchait les esclaves qui seraient bientôt libérés d’accéder ces terres.

Le Brésil est le dernier pays à avoir aboli l’esclavage, en 1888. Les esclaves, une fois en liberté, n’ayant pas pour autant accès à la terre légalement, ont occupé illégalement les terres. Ils ont été rejoints par une partie de la population brésilienne, des hommes libres, petits paysans pauvres, qui habitaient de petits villages, mais qui n’ont pas pu régulariser leurs terres. Les premiers “sans-terre” sont ainsi nés.

C’est aussi à cette époque que naissent les bidonvilles – favelas – du Brésil contemporain. Une partie de cette population a voulu rester près des villes, et a occupé les terres des environs de la même façon, sans l’accord de la couronne.

L’histoire de la lutte pour la terre au Brésil s’accélère à la fin des années 1950. Programmes politiques et théories économiques pointaient la structure agraire comme obstacle au développement du pays. Sur la scène politique, la question prenait de l’importance à mesure que se formaient des mouvements paysans inédits, recrutant parmi les nombreux paysans expulsés des fermes où ils travaillaient. Ces mouvements dénonçaient l’extrême concentration des terres et proclamaient la devise « La terre à ceux qui la travaillent ».

Le 13 mars 1964, le président João Goulart annonçait la réalisation de la réforme agraire au Brésil. Quelques jours après, le pays était victime d’un coup d’Etat. Le nouveau gouvernement militaire interdit toute forme d’organisation sociale, en particulier les syndicats et les mouvements sociaux alors en pleine expansion. Contradictoirement, les militaires ont adopté la Loi n°4504, le document connu par le nom d’Estuto da Terra, la première loi de réforme agraire du pays. Ce document établissait les conditions d’expropriation de terres sous-utilisées et soumettait la propriété de la terre à une fonction sociale, demandait la réalisation d’un cadastre de toutes les terres du pays et, entre autres, créait les institutions responsables de la distribution des terres expropriées.

Finalement, la dictature militaire a abouti à une forme de modernisation de l’agriculture sans changement de la structure foncière. Bénéficiant d’importants investissements de l’Etat, la modernisation de l’agriculture s’inscrivait dans le modèle international de la Révolution Verte, basé sur la mécanisation et le recours aux intrants chimiques. Encore une fois, des milliers de paysans ont été expulsés. Ils alimentant l’exode rural et se réfugiant dans les périphéries urbaines ou vivent dans des campements d’habitats précaires au bord des routes.

Sources :

LES MUTIRAO

Une pratique qui mérite d’être soulignée est celle des mutirao. Il s’agit d’une forme d’auto-organisation populaire et communautaire qui peut prendre différentes formes. La plus connue consiste en la mobilisation de l’ensemble d’un groupe local ou d’une communauté pour la construction d’habitations.

Le programme “Comunidades” s’est déroulé à Fortaleza. Il a pour objet la réalisation dans six quartiers d’environ 1.000 logements (150 par quartier) grâce au système des « mutirao » (aide mutuelle) avec une infrastructure de base, le développement simultanément d’un programme de création d’emplois et d’activités ainsi qu’un système permanent de formation continue pour tous les acteurs et bénéficiaires du projet.

Pour plus d’information sur ce programme :

Accaparement de Terres

Groupes Vulnérable

Pratiques Intéressantes

  • STATUT DE LA VILLE

La loi du 10 juillet 2001 (Loi fédérale 10.257). Cette loi réglemente le chapitre de la politique urbaine de la Constitution de 1988. Il s’agit d’une avancée majeure dans de la législation au Brésil. En effet, les municipalités disposent désormais d’un outil de régulation de leur politique urbaine, ouvrant l’espace à de grandes avancées sociales. Les instruments définis par le Statut de la Ville sont de trois types :

  1. Ensemble d’outils de nature urbanistique permettant de définir les formes d’usage et d’occupation du sol.
  2. Nouvelle stratégie de gestion qui inclut la participation directe des citoyens au processus de décision.
  3. Amélioration des possibilités de régularisation des terres urbaines.

Pour en savoir plus :

 

  • PARTICIPATION CITOYENNE

Au Brésil, il existe une culture de la participation citoyenne. Dans certaines villes, les habitants sont invités à participer à la gestion des questions publiques. Voici quelques outils intéressants:

  • Le Conseil municipal de développement urbain. Il permet d’instituer un espace de dialogue entre la société civile et l’administration locale.
    • Porto Alegre, avec près de 1,4 millions d’habitants, reste la plus ancienne expérience de PB à ce jour avec plus de 25 ans sans interruption, mais avec des changements importants au cours de cette époque. Il reste une référence et un modèle international.Porto Alegre a coordonné le programme URBAL sur les finances municipales et de la budgétisation participative au cours de la première moitié des années 2000 et dans ce contexte lancé la première étude comparative sur PB d’établir le document de base mentionné dans ce document de travail.
    • Guarulhos, avec plus de 1,2 millions d’habitants, est la ville la plus peuplée de la région métropolitaine de São Paulo et fait face à des situations extrêmes. D’une part, le revenu est élevé et il accueille le plus grand aéroport en Amérique latine. Dans le même temps, il contient l’une des plus fortes proportions de favelas. Un aspect singulier de l’expérience Guarulhos PB qui a commencé en 1998 a été la mise en œuvre d’un programme d’éducation civique massif en partenariat avec Paulo Freire Institut, en se appuyant sur l’approche de la plus célèbre éducateur civique du Brésil à responsabiliser les citoyens.
    • Belo Horizonte (2.238.526 habitants) est la capitale de l’état de Minas Gerais. Un des plus anciens PBS, a commencé en 1993, ce qui est probablement l’un des systèmes les plus complexes aussi, avec différents types de BP: (i) le budget participatif pour le logement, pour répondre aux besoins des sans-abri; (Ii) BP régional qui se déroule dans une forme décentralisée dans chacun des neuf districts administratifs; et plus récemment (iii) BP numérique qui traite des investissements au niveau de la ville. Belo Horizonte également participé à la recherche sur les début des années 2000.
    • Canoas, situé à Porto Alegre Metropolitan Area et avec près de 324 000 habitants, a commencé son budget participatif en 2009, et dans un court laps de temps a consolidé un procédé innovant bien ancrées au sein de l’administration locale. Le BP ici va de pair avec un processus permanent de forums ouverts effectués chaque semaine par le maire dans les différents quartiers de la ville.
    • Várzea Paulista, avec un peu plus de 100 000 habitants, est un bon exemple des processus BP qui ont proliféré dans l’État de São Paulo, à partir de 2000, inspirés par Porto Alegre, il a été en mesure de maintenir un bon niveau de participation et l’innovation. Le BP ne est pas effectué dans les années où les élections locales ont lieu afin que les citoyens restent concentrés sur les élections politiques et en même Cela évite toute critique de BP étant utilisé par le maire en place comme un outil de campagne.
Pour en savoir plus sur le concept de Budget Participatif ou aller directement aux Sources :

 

  • FONCTION SOCIALE DE LA PROPRIETE

Le Brésil, en 1988, a inscrit dans sa Constitution (art. 23) la notion de fonction sociale de la propriété privée, mettant l’accent sur l’importance de l’usage commun face à la propriété individuelle, dans une perspective de plus grande justice sociale. L’association POLIS milite pour que cette notion soit davantage effective sur le terrain.

  • PLATEFORME GLOBALE POUR LE DROIT A LA VILLE

nelson sauleLa Plate-forme mondiale vise à contribuer à l’adoption d’engagements, les politiques, les projets et les actions visant à développer les villes justes, démocratiques, durables et inclusives par les organismes des Nations Unies et les gouvernements nationaux et locaux. La construction d’une plate-forme mondiale Droit à la Ville en ce moment est très important pour le renforcement des luttes sociales urbaines locales et nationales et à la mobilisation conjointe et internationale pour faire face en particulier les processus de définition de l’agenda de développement / post-2015 Objectifs de développement durable ainsi que la troisième Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Habitat III) en 2016 et les Forums sociaux mondiaux et les forums sociaux urbains mondiaux, 2017. La Plate-forme mondiale a les axes structurants droits de l’homme dans les villes; Gouvernance démocratique et participative des villes; L’urbanisation et de l’aménagement utilisation durable et l’inclusion sociale; l’inclusion économique et sociale du développement dans les villes. En savoir plus : Institut POLIS (Nelson Saule)

ASPECTS SOCIAUX ET ECONOMIQUES

Marché du Logement

UN DEFICIT QUALITATIF SIGNIFICATIF DE LOGEMENTS (1)

Le recensement de 2010 révèle que le Brésil dispose d’un total de 56.541.000 logements pour une population de 190.732.000 habitants, ce qui correspond à une moyenne de 3,37 personnes par ménage. Le déficit quantitatif est relativement faible, estimée à environ 3.769.614 unités de logement. 83,2% de ce déficit de logements urbains est concentré dans des familles recevant un revenu mensuel d’environ 260 $US. Le déficit qualitatif semble quant à lui être important.

Le déficit de logements est qualitatif : il découle des prix élevés sur le marché officiel. Les maigres revenus que reçoivent la plupart des familles brésiliennes et l’inadéquation des politiques de pouvoir politique ont eu pour conséquences l’augmentation de l’habitat informel (entre 1995 et 1999, 4,4 millions de nouveaux foyers auraient été construits dont seulement 700.000 sont de l’habitat formel). La croissance des bidonvilles dans la détresse se développe dans des endroits inappropriés, en raison du manque de terrain aménageable abordable. Une proportion importante des personnes vivant dans les villes vivent en effet dans les favelas (ce qui peut être le cas de 50% de la population totale de la ville).

Qualité des Logements

Habitat informel / Bidonville / Sans-abri

Pour plus d’infos : Site de Favela Paintings

Favela Paintings
 

ROLE DES POUVOIRS PUBLICS

LA PREMIERE INITIATIVE PUBLIQUE REMONTE A 1964 (1)

La première initiative brésilienne de créer un logement objectifs de la politique et des objectifs définis, sources permanentes de ressources propres et les mécanismes de financement remonte à 1964 avec la promulgation de la Loi 4.380/64. Il a été livré sur le coup d’Etat militaire de cette année, il était une réponse à la crise du logement dans un pays qui s’urbanise rapidement. Cette loi a créé le système de logement financier ( SFH ), la Banque nationale du logement ( BNH ) et correction monétaire dans les contrats de propriété, intérêt social, entre autres mesures. Depuis lors, le gouvernement fédéral a continué à avoir le pouvoir de formuler la politique nationale du logement et la coordination des actions publiques et privées pour stimuler la construction et le financement de logements abordables. Cette politique a été soutenue par des fonds de la SFH des économies du Brésil et du système de prêt (de SBPE par son acronyme portugais) et le Fonds de garantie pour l’heure de service (FGTS).

Néanmoins, cette production de logements a été bien en deçà des besoins générés par le processus accéléré d’urbanisation entre 1950 et 2000 au Brésil. Pendant ce temps, en effet, la population urbaine brésilienne vivant dans des villes de plus de 20.000 habitants a augmenté de 11 à 125 million. Au cours de la période de fonctionnement de la BNH (1964-1986) financé environ 25 % des nouveaux logements construits dans le pays, mais significatif tout à fait insuffisant pour relever le défi de l’urbanisation brésilienne.

LES CONSEQUENCES DE LA CRISE (1)

La crise économique à la fin du 70 généré fort déséquilibre dans la SFH. Ce scénario conduit à l’extinction de la BNH par le décret-loi 2.291/86, 1986. Ses fonctions ont été redistribués aux divers organes directeurs. Dans les 22 ans de la BNH, construire 4,3 millions de nouvelles unités, 2,4 millions d’entre eux FGTS à 1,9 million de ressources SBPE pour le marché du logement de la classe moyenne est financé. Si la période jusqu’en 2000 est considéré comme le SFH et continué à fonctionner après l’extinction de BNH en 1986 – ont été financés environ 6,5 millions de logements.

Par conséquent, un processus intense d’urbanisation villas décontracté et sauvage a eu lieu, où la grande majorité de la population, sans aucun soutien du gouvernement, n’a pas d’autre solution que l’auto-construction, dans les stades accession à la propriété dans les quartiers précaires que les subdivisions illégales et irrégulières, favelas, etc. en zones urbanisées, généralement éloignées de et mal desservies par les infrastructures et équipements sociaux.

A PARTIR DE 1995, UNE REPRISE DU FINANCEMENT (1)

Partir de 1995, une reprise du financement du logement et de l’assainissement sur la base FGTS et des principes tels que la flexibilité, la décentralisation, la diversité, la reconnaissance de la vraie ville, entre autres, adopté de nouvelles normes a lieu, de sorte compatible avec l’environnement et le débat national et international, de façon assez généralisée, a ensuite rejeté les programmes conventionnels reposant sur un financement direct de grands ensembles, et les processus de gestion centralisée.

Malgré ces efforts, les changements ont apparemment été pas comme prévu. Le financement utilisé pour acquérir des biens, qui a absorbé 42% des ressources totales de logements (environ 9,3 milliards de reais) est un programme à faible impact qui ne crée pas d’emplois ni d’activité économique. Financement du matériau de construction, mais il a le mérite de soutenir l’ensemble des familles à faible revenu qui auto-construisent (576 000 bénéficiaires entre 1995 et 2003), tend à stimuler la production informelle de logements, ce qui aggrave les problèmes urbains. En outre, la faible valeur du financement et le manque de conseils techniques, ne permet pas aux familles bénéficiaires d’atteindre des conditions adéquates de logement.

Enfin, il convient de noter l’adoption en 2001 du Statut de la Ville, qui a créé la possibilité de faire valoir la fonction sociale de la propriété ….

DEPUIS 2004, UNE NOUVELLE DYNAMIQUE (1)

La politique nationale du logement est rendu possible par le système national du logement, intégré dans les trois niveaux de l’action gouvernementale. Il dispose de deux sous-systèmes:

  • l’intérêt social (SNHIS) s’adresse à des personnes ayant des revenus jusqu’à cinq fois le salaire minimum vital, marché et s’adresse principalement aux personnes ayant des revenus cinq à dix salaires minimum.
  • Les Programmes SNHIS pour envisager des actions dans les favellas, le relogement des familles dans des zones dangereuses, etc.

Depuis 2005, il y a eu une augmentation substantielle des investissements de toutes les sources de financement et une extension de la subvention, ainsi que l’utilisation accrue des fonds publics et un marché de collecte de fonds de large, qui a généré ce que beaucoup appellent un boom immobilier.

DEPUIS 2009, LE PROGRAMME “Minha Casa, Minha Vida” (1)

Ma maison, ma vie a pour objectif de rendre le logement accessible pour les personnes dont le revenu brut du ménage ne dépasse pas R $ 1,600.00 (réelle 1600), organisée en coopératives, les associations et autres organisations à but non lucratif axée sur la production et achat de nouvelles maisons, assurer l’accès à un logement décent aux normes minimales de durabilité, la sécurité et l’habitabilité. Le programme fonctionne en accordant des prêts aux bénéficiaires, organisés de manière associative en Entités Organisatrice (EO), avec le financement du budget fédéral à condition que le Fonds de Développement social (SDF). La subvention gouvernementale couvre 95% de la valeur de la propriété. Dans sa première phase, le programme a R $ 7,7 milliards d’investissement en 2014: R $ 62,2 milliards du budget fédéral et R $ 9,5 milliards FGTS.

La loi qui a créé le programme (loi 11,977) a également établi la régularisation de la propriété foncière, un problème qui est lié, car il permet l’évaluation des pays de propriété des pauvres et permettre aux fonds qui seront alloués à la construction de la propriété foncière régularisée, car le coût élevé des terrains urbains est une contrainte majeure.

LE LOGEMENT SOCIAL PUBLIC

Le Système national de logement social et le Fonds national de logement d’intérêt social (loi fédérale 11.124) ont été créés suite à l’adoption d’une loi d’initiative populaire. Le Système institue l’accès à la terre urbanisée et au logement digne à la population de moindre revenu, tandis que le Fonds aura comme objectif d’additionner toutes les ressources pour les actions en matière d’habitat. Les ressources du Fonds pourront être destinées à l’achat, à l’amélioration et à la rénovation de la maison ; acquisition de matériel de construction, récupération d’immeubles dans des zones d’habitat misérable, urbanisation, équipements communautaires et régularisation foncière, entre autres. Pour en savoir plus : Article « La création d’un fonds national de logement d’intérêt social au Brésil » et le site de l’UNMP

LA SECURITE SOCIALE

Un des principaux piliers du réseau de protection et de promotion sociale brésilienne nommé Programme Bolsa Família (PBF) a enregistré des résultats significatifs dans l’amélioration des conditions de vie de la population la plus pauvre. Pour en savoir plus sur le système de sécurité sociale au Brésil et sur ce programme : Article « Elément fondamental dans la consolidation du bien-être brésilien partie 1 » et Article « Partie 2 »

ASPECTS ECOLOGIQUES

Les favelas se situent le plus souvent sur des terrains à risques : versants de collines (risque de glissement de terrain), zones inondables tels que les mangroves. Malgré des lois de protection de l’environnement, ces régions fragiles sont affectées par une urbanisation d’autant plus dense et dévastatrice qu’elle est incontrôlée.

Dans la région amazonienne, la déforestation et le système d’élevage sont les deux principales sources d’émissions des gaz à effet de serre CO2 et CH4. Il s’agit d’un vaste problème aux répercussions tant nationales que mondiales.

Bibliographie & Sitographie

  1. Alianza Internacional de Habitantes, « Políticas alternativas de vivienda en América latina y el Caribe », 2013 coord Paul Maquet Makedonski, pp 46 à 51.
  2. CADTM – Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde, les chiffres de la dette 2012
  3. CADTM, “L’Audit citoyen de la dette au Brésil (Auditoria Cidadã da Dívida) : une source d’inspiration”, article de William Gaviria Ocampo, 2013.
  4. CADTM – Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde – Raúl Zibechi « Hacia un nuevo ciclo de luchas en América Latina », 2013.

MOUVEMENTS SOCIAUX

Problèmes majeurs :

  • Relégation des classes populaires de plus en plus loin en périphérie. Cela engendre de nombreuses autres difficultés : longueur des déplacements, difficulté d’accès à l’emploi, aux infrastructurs collectives (de santé, universités, aux activtés culturelles,…). Dans ces balieues, l’urbanisation se réalise de manière “sauvage”. Il n’y pas d’équipements.
  • Important déficit de logements (plus de 12 millions et si on tient compte des besoins de relogement on arrive à 20 millions)
  • Dans les centres ville, on peut constater une augmentation des immeubles vides ou sous utilisés, la dégradation du patrimoine historique, la précarité de l’habitat collectif, type cortiços, une concentration des activités informelles, la délocalisation des activités économiques.

Recommandations ou Propositions :

Selon le MNLM :

  • Le droit à la propriété privée doit cesser de prédominer sur celui à la dignité humaine

Selon La CONAM :

  • une Réforme urbaine qui soit intégrée dans la pratique des politiques publiques et qui soit le fruit du dialogue entre les différentes sphères du gouvernement. La Réforme urbaine doit garantir le rôle social de la propriété comme le prévoit la loi nommée le Statut de la Ville.
  • La création de logements
  • La régularisation de la propriété ou l’arrêt des expulsions qui violent le droit des habitants.

Vers le site d desCONAM

Selon le FORUM NATIONAL POUR LA REFORME URBAINE,

Il estime que la politique du logement brésilienne s’est centrée sur des financements et crédits individuels destinés à l’accession à la propriété privée, ou à la construction d’unités d’habitation également individuelles, sans répondre aux besoins en logement de la population à faibles revenus. De fait, pour répondre aux besoins en logement de cette population, il faut un ensemble de mesures qui s’articule:

  • la réquisition des immeubles publics vacants et sous-utilisés;
  • l’application de la concession d’usage spécial à vocation de logement;
  • l’adoption de nouveaux régimes de propriété immobilière, comme par exemple les coopératives, qui existent déjà en Uruguay;
  • l’amélioration des modalités de financement et l’adoption de nouvelles modalités d’offre de services de logement, comme par exemple le loyer aidé;
  • une assistance technique articulée avec les ressources pour la promotion du logement en autogestion ou pour l’achat de matériaux de construction, par exemple.

Par ailleurs, il est fondamental de tout faire pour rendre effectifs tous les instruments de la réforme urbaine existants, comme le Statut de la Ville, le Système National du Logement à vocation Sociale (SNHIS), le Fonds National du Logement à vocation Sociale (FNHIS) et la Loi Fédérale 11.888/2008 d’Assistance Technique récemment approuvée. Pour plus d’informations sur les revendications du FNRU sur le site AIH.

Liste non exhaustive de mouvements sociaux actifs :

  • POLIS = Institut qui travaille avec d’autres acteurs sociaux afin de renforcer la société civile dans ses droits (démocratie participative et contrôle social des politiques publiques). Pour ce faire, POLIS renforce une citoyenneté culturelle, des modes de consommations et de production plus durables (gestion des déchets – agriculture urbaine), promeut le droit à la ville. L’association effectue des analyses et des évaluations qui aboutissent à des propositions concrètes soumises aux politiques et travaille à la construction de plateformes afin de promouvoir les droits sociaux des habitants. Website POLIS
  • MOVIMIENTO NACIONAL DE LUTA PELA MORADIA – MNLL (Mouvement National de Lutte pour le Logement). Ce Mouvement est né en 1991. Ses représentants insistent sur le fait que les militants de ce mouvement sont encore dans un processus d’apprentissage et de formation dans la lutte. Il est organisé dans 14 Etats du Brésil. Pour en savoir plus sur les : revendications et actions du MNLL et BLOG du mouvement
  • CONFEDERACÃO NACIONAL DAS ASSOCIACÕES DE MORADORES – CONAM = (Confédération Nationale des Associations d’Habitants). Cette confédération, créée en 1982, est un mouvement populaire communautaire dont le rôle est d’organiser les fédérations étatiques, les unions communales, les associations communautaires et les groupes de quartiers et de voisins. Elle a participé au processus de création du Fonds du logement populaire et elle soutient l’application du Statut de la ville. Pour plus d’information : Site du mouvementLes contacter.
  • CENTRAL DE MOVIMIENTOS POPULARES – CMP (Centrale des Mouvements Populaires). Blogs du mouvement : http://cmprio.blogspot.be/ et http://cmp-sp.blogspot.be/. Cette fédération est le fruit d’un processus historique de résistance des mouvements sociaux populaires dans années 80. Elle a été crée lors du Congrès National des Mouvements Populaires en 1993. Vidéo sur la CMP et les défis des mouvements populaires : https://vimeo.com/13017013
  • UNIÃO NACIONAL POR MORADIA POPULAR – UNMP (Union Nationale pour le Logement Populaire). Ce mouvement a été créé en 1989 et s’est consolidé à partir du processus de récolte de signatures pour le premier projet de loi d’initiative populaire qui a crée le Système, le Fonds et le Conseil National pour l’Habitat populaire au Brésil. L’UNMP réunit différents mouvements populaires pour le droit à l’habitat dans 19 états brésiliens. Contact : Rua Conselheiro Furtado 692 – Sala 03, São Paulo – SP, Liberdade, 01511-000, Brasil, unmp@uol.com.brSite internet
  • OSSERVATORIO BELEM L’observatoire de Belem
  • DhESCA = PLATAFORMA BRASILEIRA DE DIREITOS HUMANOS ECONÔMICOS, SOCIAIS CULTURAIS E AMBIENTAIS. Cette palteforme est une articulation de 36 mouvements et organisations de la société civile qui développent des actions de promotion et de défense des droits humains économiques, sociaux, culturels et environnementaux visant le renforcement de la citoyenneté et la radicalisation de la démocratie. Blog de la plateforme
  • FORUM NACIONAL DE REFORMA URBANA – FNRU. Il s’agit d’un groupe d’organisations brésiliennes qui, depuis 1987, luttent pour de meilleures villes pour tous. Ces organisations sont très diverses : mouvements populaires, associations, ONGs et instituts de recherche. Ils mobilisent les associations et les citoyens pour lutter contre les injustices dans les villes. Ils mettent en avant trois principes : le droit à la ville – la gestion démocratique de la ville – la fonction sociale de la propriété et de la ville. Site Internet FNRUContact via le site.
  • OBSERVATORIO INTERNACIONAL DO DIREITO À CIDADE – OIDC (Observatoire International du Droit à la Ville). L’OIDC a pour mission de promouvoir l’observation et le recencement des pratiques sociales de mise en application ou de revendication du droit à la ville par des mouvements populaires, des organisations, des forums et réseaux sur des sujets tels que l’accès au logement, la régularisation des occupations urbaines, la gestion démocratique de la ville, la protection du droit culturel. Information sur l’OIDC met à disposition des initiatives, des expériences, des études et recherches sur les thèmes traitant du droit à la ville. Voir aussi le Site de POLIS.
  • MOVIMIENTO DOS TRABALHADORES RURAIS SEM TERRA – MST = Le Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre. Depuis sa création en 1983, le mouvement organise son action autour de trois objectifs principaux : la lutte pour la terre, la lutte pour la réforme agraire et la lutte pour une société plus juste et plus fraternelle. Actuellement reconnu comme l’un des plus importants mouvements sociaux des dernières années en Amérique latine, sa simple longévité et l’amplitude de son pouvoir de mobilisation peuvent être interprétées comme un signe de sa force et de sa capacité d’organisation populaire. Le MST compte aujourd’hui plus de 350 000 familles qui ont vu leur situation régularisée suite à des occupations de terres inexploitées, en construisant des campements qui se multiplient au bord des routes, dans de grandes fermes et surfaces inoccupées. Ce sont ces occupations, organisées par le MST, qui ont ainsi assuré aux paysans démunis ou déracinés l’accès à la terre, et marqué profondément l’image politique du Brésil contemporain. Aujourd’hui, les paysans sans-terres qui pourraient bénéficier d’une politique de réforme agraire sont estimés à quatre millions de familles. Parmi elles, 100 000 vivent dans des campements organisés par le MST. Source :Article « Mouvement des sans-terre du Brésil : une histoire séculaire de la lutte pour la terre »Site internet du MST
  • HABITAT PARA A HUMANIDADE BRASIL – HPH Brasil. Il s’agit de la branche brésilienne de ONG mondiale Habitat for Humanity International qui promeut le logement comme droit humain fondamental et a pour objectif de s’opposer à toutes les formes de logement indigne. Concrètement, ils soutiennent les familles et les communautés fragilisées, via des actions de construction – rénovation – amélioration de logements, de régularisation des terres y compris dans les agglomérations urbaines, d’accès à des moyens financiers (microfinance) ainsi que des actions de lobbying politique. Site Internet HPHLes contacter.
  • GRET BRESIL = association sans but lucratif qui travaille en réseau international et regroupe les professionnels du développement solidaire. Au Brésil, ils ont entre autres des projets sur les ressources forestières. Représentation au Brésil : Site InternetLes contacter.
  • UNION NACIONAL POR LA MORADIA POPULAR – UNIAO

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