Angola

ETAT DE LA FICHE : en construction

Personnes de contact au sein des réseaux :

URBANISATION

CARTE ANGOLA

 

L’HABITAT

Photo d’un village le long de la route Luanda-Lobito, près de Sumbe Photo de bidonville à Luanda

Selon l’étude IBEP de 2010, au niveau national, 88% de la population connait une situation de mal logement : 79% en ville contre 99% en campagne. 42,50% des ménages vit dans une situation de surpopulation. Dan cette étude, les critères suivants ont été étudiés afin de définir l’état de la situation au niveau du logement : les matériaux de construction, la situation, la durée de résidence, le régime d’occupation, le loyer moyen mensuel, l’accès à l’eau potable, l’existence de sanitaires et d’égouts.

  • Type d’habitat : 80,2% de maisons, 1,7% d’appartements, 5,3 d’annexes, 12,5% de cabanes, 0,2% non-définis.
  • Durée de construction : 34% des habitations ont été construites dans les 5 dernières années (27% en ville et 47% en campagne). Les accords de paix récents (2002) incitent les populations à rejoindre leur terres d’origine. Seulement 15% des habitations ont plus de 15 ans d’existence. Durant les 5 dernières années, l’auto-construction et les occupations illégales se sont fortement développées. Ceci peut être expliqué par la progressive stabilité que connaît le pays, ce qui encourage les populations à investir dans leur habitat. La proportion de maisons fournies par l’Etat a également atteint sa valeur la plus élevée durant cette période (26%). La location a augmenté de 29% tandis que l’acquisition a diminué de 24% durant la période des 5-10 années passées.
  • La qualité de la construction : Dans cette étude, les matériaux et techniques de construction considérés comme inappropriés sont l’adobe, le bambou, le clayonnage enduit de terre et le sol en terre battue. Au niveau national, 88% des habitations sont ainsi considérées comme inadéquates dont près de 61% sont auto-construites. Le prix élevé des matériaux de construction, le faible pouvoir d’achat de la population et l’accès limité au crédit-logement peuvent expliquer cette situation.
  • La capacité : Le nombre de personnes par unité d’habitation et un indicateur approximatif de pauvreté. Un logement est considéré surpeuplé lorsque plus de 3 personnes dorment dans une chambre. Ainsi, 42,5% des ménages connait une situation de surpeuplement.
  • La durée de résidence : 47% de la population vit dans son habitat durant 1 à 5 ans et seulement 7% vit dans sa maison plus de 20 ans. Plus de 10% de la population reste moins d’un an dans son habitat. D’intenses mouvements migratoires ont eu lieu dans les décennies passées. Ces données montrent que la population est encore loin d’être fixée.
  • Régime d’occupation : 61% sont des maisons privées dont une bonne partie sont auto-construites. L’appartement est le type d’habitat qui présente le plus grand pourcentage de location (31%) et d’acquisition (34%), mettant en évidence un marché florissant de l’immobilier en milieu urbain.
  • L’accès au logement : La croissance démographique, le coût des maisons et des loyers, le niveau d’inflation, le revenu mensuel, la disponibilité des crédits habitation et le coût de la construction sont des facteurs importants influençant l’accès au logement. Au niveau des revenus, le salaire minimum national est fixé à 9381 kwanzas (chiffre actualisé en mai 2010) correspondant à 75,60 euros. Les chiffres montrent des disparités régionales importantes et un grand nombre de provinces dont les habitants n’ont pas ce salaire minimum.
  • L’accès et le traitement des eaux : En Angola, la principale cause de mortalité sont des maladies dues à l’utilisation d’eau de sources non appropriées. En effet, moins de la moitié de la population (42%) utilise une source d’eau appropriée pour la boisson. Chaque année, 19 700 cas de morts d’enfants provoquées par des diarrhées dues à l’utilisation d’eau non-potable sont recensés.
  • L’assainissement : L’assainissement de l’environnement englobe le traitement des eaux usées, la propreté publique, le drainage urbain et le contrôle des indicateurs importants en matière de santé. Les équipements sanitaires tout comme le réseau d’égouts sont insuffisants.
  • Sources d’énergie : 36% de la population a accès au réseau électrique. 61% de la population utilise le bois et le charbon comme source d’énergie pour cuisiner, 33% le gaz.

HISTOIRE DES VILLES – PATRIMOINE

La politique du secteur de l’urbanisme et de la construction s’est concentré en 2011 sur la rénovation du réseau routier, sur le délimitation de réserves foncières pour la construction de logements sociaux, sur la réhabilitation des bâtiments publics et des monuments, sur le gestion du patrimoine de l’État. Malgré le développement de ce secteur, il pourrait être menacé par :

  • Le manque de main d’œuvre qualifiée
  • Les faiblesses du réseau routier, ce qui augmente le coût de transport des matériaux
  • La volatilité des prix des matériaux de construction, ce qui augmente le prix des produits finis
  • La faiblesse de la production et de la distribution nationale d’énergie
  • Le risque d’apparition d’une bulle immobilière nationale
  • L’incertitude quant à l’évolution du coût du pétrole

Source : Relatorio Economico Angola 2011 (CEIC)

HABITAT URBAIN

“L’Angola est le pays d’Afrique Centrale où la croissance urbaine a été la plus soutenue depuis 1950, avec un taux d’urbanisation grimpant de 5% en 1950, à près de 50%. La population urbaine a ainsi progressé deux fois plus vite que la population totale pendant ces cinq décennies. De tels rythmes ne sont toutefois pas exceptionnels sur le continent.

“La capitale de l’Angola affiche une prématie écrasante, avec un effectif de population de près de 15 fois supérieur à celui de la deuxième agglomération du pays.

“Ces dynamiques sont typiques d’un pays à la fois sous-peuplé et en crise profonde. Tous les observateurs s’accordent d’ailleurs sur le fait que les dynamiques de l’urbanisation ont été fortement affectées par les effets de la guerre civile (1975 – 2002) sur les déplacements de population. (…) La capitale a servi de refuge, tandis que les autres agglomérations existantes affichaient une croissance chaotique, tantôt gonflée brutalement par l’afflux de réfugiés dans les musseque bâtis à la hâte sur leurs périphéries, tantôt vidées par les combats. Mais surtout l’insécurité a bloqué localement l’émergence de petites agglomérations.” (1)

HABITAT RURAL

Essentiellement auto-construit…

DÉVELOPPEMENT DES INFRASTRUCTURES

Le budget de l’Etat a approuvé en Afrique du Sud en 2012 – un montant de 150 milles millions de dollars pour l’année fiscale 2012/2013- incluant un plan d’investissement publique pour les 10 années à venir de 600 milles millions de dollars à investir dans de nouvelles infrastructures, dans l’amélioration et la maintenance des actuelles avec deux objectifs : moderniser le pays de façon à préserver sa compétitivité et aider à créer 5 millions de nouveaux emplois dans les 5 années à venir, pour diminuer le taux de chômage qui touche 30% de la population active selon les estimations des organisations syndicales sud-africaines. Source : Relatorio Economico Angola 2011 (CEIC)

Aspects légaux

Approuvée début 2010, une nouvelle Constitution est entrée en vigueur le 5 février 2010.

DROIT AU LOGEMENT

La Résolution 37/09 de l’Assemblée nationale : L’État angolais, dans la cadre de sa politique du logement, a approuvé et va appliquer, à travers le programme de construction des logements sociaux, des mesures essentielles pour protéger, respecter et promouvoir un niveau de vie adéquat pour les familles angolaises, en garantissant l’accès à la santé, à l’habitat, à l’éducation et aux conditions de vie et d’environnement sains, en respectant les politique territoriales et de réinstallation des populations.

Le nouveau code minier attribue à l’Etat les droits miniers de prospection et d’exploration, de traitement et de commercialisation sur toute l’étendue du pays. S’il a été approuvé, il transformera toutes les zones contenant des ressources minières, y compris celles destinées à la construction civile, en zones restreintes d’où les populations locales devront être délogées.

EXPULSIONS FORCEES

L’Angola connait de nombreuses vagues d’expulsions forcées. La raison officielle de ces expulsions et démolition la plus répandue est l’illégalité des constructions, mais dans de nombreux cas les autorités administratives ont participé à cette illégalité. En effet, beaucoup de personnes expulsées durant la guerre ont été relogées par les autorités sans obtenir un titre de propriété ni aucun droit sur le terrain sur lequel elles ont été relogées. C’est également le cas de beaucoup d’expulsion/relogement des dix dernières années, laissant les personnes courir le risque d’être délogées à nouveau. Une autre raison importante des expulsions est l’absence de planification urbanistiques réaliste, adaptée aux réalités et aux besoins des plus pauvres. Dans de nombreux cas, cet échec est accompagné de la volonté d’éloigner ces population des centres urbains.

Exemple d’expulsion forcée récente(2012) : Plus de 8000 maisons ont déjà été détruites suite à l’expulsion de leurs habitants dans la zone “Arc en ciel” de la ville de Lubango. Une partie de la population a été transportée dans un village à 9 km de là, mais sans maisons pour les accueillir, ni eau, ni courant, ni routes, ni écoles, ni services publics. Les justifications officielles de ces expulsions forcées sont la future affectation du sol à une avenue planifiée…Ces expulsions et démolitions sont loin d’être les premières. A chaque vague d’expulsions, les organisations locales et nationales représentant la société civile ont réagi par la protestation. Les expulsions et les démolitions violent les lois internationales ainsi que les engagements angolais nationaux et internationaux en matière de droits humains. Les victimes de ces violations ont droit à des réparations. En effet, des normes légales exigent la poursuite des personnes responsables de violations des droits de l’homme. Source : « Stop aux expulsions forcées » HIC

DROIT FONCIER

La loi sur les Terres a été approuvée en 2004 après un large processus de consultation, mais il existe encore de nombreuses lacunes dans la réglementation et des difficultés de mise en œuvre. Cependant, cette nouvelle loi est clairement une avancée au niveau du droit à la terre. Elle consacre les principes suivants : l’État est propriétaire des terres par défaut, l’utilisation utile et efficace de la terre, la taxation, le respect des droits fonciers des communautés rurales, la propriété des ressources naturelles par l’État ainsi que la réversibilité et la confiscation des nationalisations. Les différents types de propriété prévue par la loi sont le droit à la propriété privée (mais si l’Etat souhaite construire une route,il peut déloger la population car les intérêts publiques surpassent les intérêts privés), le domaine coutumier utile (il est particulier car il est gratuit et éternel sauf si les communautés décident de quitter leurs terres, alors elles perdent ce droit), le domaine utile civile, le droit de surface (il est possible de l’utiliser, de le louer mais non de le vendre, une taxe est redevable à l’État pour une période de moins de 60 ans), le droit à l’occupation précaire (il n’est pas permis de faire des travaux définitifs, l’installation doit être temporaire et en quittant les lieux ils doivent être restitués en l’état initial). Mais, en réalité, peu est fait pour que les communautés rurales et les familles citadines enregistrent systématiquement leurs terres ou terrains, afin d’avoir une meilleure sécurité juridique dans le futur. Source : Recherche sur les conflits liés à la terre et leurs formes de résolution par la Rede da terra

La loi sur les terres (A Lei de terras) consacre des principes intéressants tels que:

  • Le droit de superficie : la terre appartient à l’État mais peut être exploitée ou utilisée pour une période n’excédant pas 60 ans (renouvelable). Les procédures sont complexes, lentes et couteuses et les fonctionnaires peu familiarisés à ces démarches.
  • La reconnaissance des terres des communautés. Cependant, les résultats sont encore très limités.

Source : Relatorio Economico Angola 2011 (CEIC)

ACCAPAREMENT DE TERRES

Selon l’ONG GRAIN, La Chine, l’Italie, le Portugal et le Royaume Uni font partie des pays qui réalisent actuellement de grosses entreprises d’accaparement de terres.

GROUPES VULNERABLES

  • Les jeunes
  • Personnes âgées
  • Les femmes

PRATIQUES INTERESSANTES

Aspects sociaux et économiques

MARCHE DU LOGEMENT

QUALITE DES LOGEMENTS

HABITAT INFORMEL / BIDONVILLE / SANS-ABRI

ROLE DES POUVOIRS PUBLICS

Aspects culturel – religieux – symbolique

L’art lié à l’habitat : Peintures sur façades

Aspects écologiques

Bibliographie & Sitographie

  1. Fiche Angola sur le site de e-Geopolis

PROBLEMES MAJEURS SELON LA SOCIETE CIVILE :

Selon HUMAN RIGHTS WATCH et SOS HABITAT ANGOLA,

  • LES EXPULSIONS FORCEES

Un rapport publié par Human Rights Watch et l’organisation angolaise SOS Habitat, intitulé «Ils ont démoli les maisons : Expulsions forcées et insécurité de la tenure foncière pour les citadins pauvres de Luanda» décrit de façon détaillée 18 expulsions massives, exécutées à Luanda par le gouvernement angolais entre 2002 et 2006. Au cours de ces expulsions, qui ont touché au total 20 000 personnes environ, les forces de sécurité ont détruit plus de 3 000 logements, et le gouvernement a saisi de nombreux terrains cultivés de taille réduite. Ces expulsions à grande échelle ont violé aussi bien les législations angolaise qu’internationale relatives aux droits humains, et ont fait de nombreux sans-abris angolais et de démunis, sans accès à un recours légal. Source : No Vox

REVENDICATIONS MAJEURES DE LA SOCIETE CIVILE :

AMNESTY INTERNATIONAL et le COHRE invitent les gouvernements africains à :
  • reconnaître publiquement qu’un niveau de vie suffisant, englobant un logement adéquat, est un droit fondamental ;
  • s’engager publiquement afin de faire cesser immédiatement toute expulsion forcée jusqu’à l’adoption d’une loi appropriée interdisant cette pratique. Dans l’intervalle, toute autre éviction doit être menée dans les circonstances les plus exceptionnelles et après avoir envisagé toutes les autres solutions possibles. En outre, les expulsions doivent se fonder sur une décision judiciaire, après véritable consultation des personnes concernées. Enfin, des terres et des logements adéquats doivent être fournis en remplacement pour toutes les personnes touchées ;
  • donner des instructions à toutes les autorités concernées afin que toute expulsion soit menée dans le respect du droit et des instruments internationaux relatifs aux droits humains.
La **DECLARATION DE BENGOLA** de 2009 dénonce les pratiques d’expulsions forcées et énonce de nombreuses recommandations.
La CONFERENCE “TOUCHE PAS A MA MAISON” de 2010 avait pour objet de concevoir une stratégie nationale ainsi qu’une stratégie d’intégration dans les mouvements mondiaux pour prévenir et combattre les expulsions forcées. Présentation des objectifs de la conférence : “Conceber uma estratégia nacional e de integração em movimentos globais de prevenção e combate às demolições e desalojamentos forçados, criando um espaço comum das organizações de moradores e movimentos sociais urbanos.” par l’Alliance Internationale des Habitants. Lors de cette conférence, le droit à un habitat adapté y a été débattu et alimenté par les revendications suivantes :
  • la sécurité juridique d’occupation ou le droit officiel de rester sur le lieu où l’on vit, qu’il soit une location ou une propriété. Cette sécurité doit protéger les habitants des expulsions forcées.
  • La disponibilité de services, de matériaux et d’infrastructures publiques que se soit l’accès à l’eau potable, aux systèmes d’assainissement, à l’électricité, aux services de santé,…
  • L’accessibilité financière à travers du prix d’achat ou de location ou de matériaux de construction, la facilité de crédit ou de subvention pour les plus pauvres. la législation doit aussi protéger les locataires des hausses de prix des loyers.
  • La salubrité, entre autres, une surface suffisante, une protection contre la pluie, la chaleur, les vecteurs de maladie et les menaces à la sécurité.
  • L’accessibilité (physique) pour tous, y compris les personnes plus vulnérables comme les personnes handicapées, âgées, malades, ou plus pauvres.
  • La situation, les habitations doivent permettre l’accès à un emploi, aux services de santé, écoles et autres facilités pour ne pas amputer le coût des transports sur le budget des familles pauvres. Les habitations doivent également être construites sur des sites non-pollués.
  • L’adéquation à la culture, tant la rénovation que la construction ne doit pas sacrifier la diversité et l’identité culturelle.

QUELQUES MOUVEMENTS SOCIAUX :

  • SOS HABITAT – ACTION SOLIDAIRE : Organisation non-gouvernementale de défense du droit au logement.
  • OMUNGA : Collectif de défense des droits de l’homme en Angola. E-mail: omunga.coordenador@gmail.com
  • REDE DA TERRA OU CONSORCIO TERRAS HUILA : Organisation composée de 28 ONG nationales et étrangères dont des associations relieuses travaillant dans tout le pays. Une de ses revendications est l’application de la loi foncière (Lei de terras).
  • FUNDACIONCEAR HABITAFRICA = WebsiteContact

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